Actualité nationale

Protection de l’enfance : sortir de l’angle mort

D’abord, deux chiffres. Significatifs, terribles. Le premier chiffre : en France, tous les 5 jours, un enfant meurt sous les coups de l’un de ses parents. Deuxième chiffre :  341.000 mineurs faisaient l’objet d’au moins une mesure de protection de l’enfance fin 2017.

Ces chiffres sont insupportables, il appartient aux responsables politiques d’agir pour garantir enfin le droit à la sécurité, à la santé et à l’éducation de ces enfants. A cet égard, la nomination, en la personne d’Adrien Taquet, d’un secrétaire d’Etat à la Protection de l’enfance est une bonne nouvelle – comme l’annonce d’une stratégie de protection de l’enfance sera présentée cette année, année du 30ème anniversaire de la convention internationale des droits de l’enfant.

Il ne s’agit pas, cette fois, d’adopter de nouvelles lois – notre arsenal législatif est déjà suffisamment riche en la matière -, mais de sortir des logiques de silos dont les enfants sont les premières victimes. Le travail collectif est essentiel, avec l’ensemble des acteurs concernés, notamment les Départements (ancien Président du Département de Vaucluse, je sais bien les situations difficiles qu’englobe ce sujet), dans une démarche nécessairement inter-ministérielle.

Une feuille de route ambitieuse

La feuille de route pour la protection de l’enfance est construite autour de 3 grandes ambitions : 1. Agir en amont pour mieux accompagner et soutenir les familles dès avant la naissance de l’enfant et dans les premiers mois de la vie ; 2. Mobiliser la société toute entière autour des violences subies par les enfants, favoriser leur repérage et le traitement des informations préoccupantes (aujourd’hui, moins d'1 personne sur 4, face à une suspicion de violence, va effectivement la signaler) ; 3. Garantir les droits fondamentaux des enfants pris en charge au titre de l’aide sociale à l’enfance (ASE) : droit à une protection effective, à la stabilité, à la santé, à une scolarité qui répond à leurs besoins (aujourd’hui, 70% des enfants sortent de l’ASE sans diplôme)

Des axes de travail concrets ont été identifiés, dont :

– Accompagnement des futurs parents dès le 4e mois de grossesse et suivi renforcé après la naissance, avec la protection maternelle et infantile ;

– Interdiction des violences éducatives ordinaires (« fessée ») ;

– Campagne de communication pour renforcer le recours au numéro d’urgence 119 ;

– Exécution plus rapide des mesures judiciaires de placement (les délais étant aujourd’hui hétérogènes) ;

– Prise en charge à 100% du parcours de soin des enfants de l’ASE, y compris pour les soins de psychologie ;

– Lutte contre le décrochage scolaire des enfants placés.

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